informations générales

MàJ 29 septembre 2014.

Grégory Nardozza, qui co-organisait la journée, est brutalement décédé le 22 septembre 2014, moins d'un mois avant la tenue de la manifestation. Cette journée d'études lui sera dédiée.

Grégory laissera à ses collègues et ses amis le souvenir d'un jeune chercheur promis à un avenir brillant en même temps que d'un camarade fédérateur, droit et très engagé dans les initiatives regroupant les jeunes linguistes de Paris Sorbonne, qui présentent leurs condoléances à sa famille et à ses proches.

 

 

Le colloque junior Ciera / Paris Sorbonne réunira des jeunes chercheurs issus de domaines et d'horizons théoriques et méthodologiques différents reflétant la diversité des approches des modalités dans les espaces francophone et germanophone : sémantique formelle, théorie du langage, typologie des langues du monde.

 

Au-delà ou en-deçà des barrières disciplinaires, l'étude des modalités impose d'abord de franchir les limites catégorielles posées par la grammaire traditionnelle, à commencer par celles des parties du discours. Historiquement, l’étude des modalités a longtemps privilégié et privilégie encore deux classes de mots : les verbes dits modaux (p.ex. fr. pouvoir, devoir, all. können, müssen, sollen) et des marqueurs de type adverbial, particules modales (all. ja, doch...) ou modalisateurs (fr. sûrement, probablement, all. wahrscheinlich, sicher, bestimmt). La recherche en linguistique a, dans ces dernières décennies, dépassé les frontières catégorielles et étudié la modalité telle qu'elle s'exprime dans d’autres classes de mots : les adjectifs ou les groupes nominaux, en lien notamment avec le problème de l'article. D'autres études récentes en linguistique française et germanique ont illustré la porosité des frontières de la notion de modalité sur le plan du signifié : la modalité semble parfois se caractériser comme un effet diffus voire un phénomène émergent étroitement corrélé aux valeurs aspectuelles ou temporelles des formes verbales, mais aussi aux présuppositions d'existence mise en jeu par les quantifieurs, voire, dans certaines langues, à des phénomènes de diathèse. Partant de cette reconsidération des signifiés modaux, la journée d'études en appellera aux contributions de tous les champs disciplinaires concernés par le domaine des modalités afin de permettre un tour d'horizon des perspectives théoriques de la recherche sur ce sujet.

 

C'est dans cet état d'esprit intercatégoriel et interdisciplinaire que les participants étudieront les phénomènes de modalités situés aux interfaces de plusieurs domaines. D’une part, on s'intéressera aux constructions croisant les parties du discours ; d’autre part, on discutera des implications conceptuelles des formes d’expression non habituelles des modalités ainsi que des interactions entre la modalité et d'autres catégories, en synchronie comme en diachronie.

En filigrane, il s'agira notamment de se demander dans quelle mesure les sémantismes modaux pourtant formalisables ne sont pas parfois des phénomènes secondaires, dérivés d'autres catégories radicalement hétérogènes. Il conviendra alors de s'interroger, y compris dans une perspective interdisciplinaire, sur les conséquences théoriques de ces questionnements et sur leurs implications sur le rapport entre les opérations cognitives universelles présidant à la modalisation et leur traçage dans les langues naturelles. 

 

organisation:

 

Pierre-Yves Modicom & Grégory Nardozza (CELISO / U. Paris Sorbonne)

contact: modal-oct2014@sciencesconf.org

Comité de parrainage, par ordre alphabétique:

Prof. Dr. Werner Abraham (LMU Munich), Prof. Martine Dalmas (CELISO / U. Paris Sorbonne), Prof. Dr. Elisabeth Leiss (LMU Munich), Dr. Hélène Vinckel-Roisin (CELISO / U. Paris Sorbonne).

Avec le soutien des Prof. W. Rotgé (directeur du CELISO) et J.-P. Bartoli (dir., école doctorale Concepts et Langages).

 Argumentaire détaillé

 

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